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Histoire · Légende du rallye
Crédit photos : https://www.lanciastratos.com
Lancia Stratos : la formidable histoire de la première voiture née pour gagner en rallye !!!
Martiniquais, Guadeloupéens, Guyanais, Réunionnais, imaginez une voiture dessinée comme un vaisseau spatial, animée par un cœur de Ferrari et conçue pour une seule chose : gagner. Au milieu des années 1970, la Lancia Stratos a écrasé le championnat du monde des rallyes et changé à jamais la manière de concevoir une voiture de course. GTMAG.fr vous raconte la formidable histoire de cette icône !!!
Par Jean-Marc Wollscheid, le 28 septembre 2026
La Stratos en bref
Constructeur : Lancia (groupe Fiat), carrosserie Bertone, design signé Marcello Gandini.
Moteur : V6 Ferrari Dino de 2,4 litres, installé en position centrale arrière.
Production : moins de 500 exemplaires de route, construits pour homologuer la voiture en compétition.
Palmarès : trois titres mondiaux des constructeurs en rallye (1974, 1975, 1976) et quatre victoires au Rallye Monte-Carlo.
Tout commence par un vaisseau spatial
Salon de Turin, novembre 1970. Sur le stand du carrossier Bertone trône un objet qui ne ressemble à rien de connu : la Stratos Zero. Dessinée par Marcello Gandini, déjà père de la Lamborghini Miura, elle mesure à peine 84 centimètres de haut. Son profil en coin semble sorti d'un film de science-fiction, et pour monter à bord, il faut soulever le pare-brise, qui sert de porte !!!
Sous cette carrosserie futuriste se cache pourtant une mécanique bien réelle, empruntée à la Lancia Fulvia. Car Nuccio Bertone a une idée derrière la tête : décrocher un contrat avec Lancia. La légende raconte qu'il s'est présenté à l'usine de Turin au volant de la Zero et qu'il est passé sous la barrière du poste de garde, tellement la voiture était basse. Le coup de bluff fonctionne : Lancia est séduit.
Le rêve de Cesare Fiorio
Au début des années 1970, Lancia, passé dans le giron de Fiat en 1969, brille en rallye avec la Fulvia HF. Mais la vaillante petite coupé arrive en bout de course. Cesare Fiorio, le patron de la compétition, veut frapper un grand coup : pour la première fois, construire une voiture pensée dès la première esquisse pour gagner en rallye, au lieu d'adapter un modèle de série.
Bertone et Gandini se remettent au travail. Présentée au Salon de Turin 1971, la Stratos HF garde l'esprit du concept, mais tout est dicté par l'efficacité. Elle est minuscule : 3,71 mètres de long seulement, pour un empattement très court de 2,18 mètres. Moteur central, poids plume d'environ 980 kg : la Stratos est taillée pour pivoter instantanément. De quoi virevolter dans les épingles de la Route de la Trace comme aucune autre !!!
Un cœur de Ferrari
Reste à trouver le moteur. Le choix se porte sur le V6 Dino de 2,4 litres de la Ferrari Dino 246 GT. Enzo Ferrari rechigne d'abord à fournir un concurrent potentiel, d'autant que la production de la Dino touche à sa fin. Mais Fiat, entré au capital de Ferrari en 1969, pèse de tout son poids, et le Commendatore finit par céder.
En version de route, la Stratos développe 190 ch, une puissance considérable pour une voiture de moins d'une tonne. En version course, les préparateurs en tirent bien plus de 250 ch. Le son rauque du V6 Ferrari résonnant dans les spéciales deviendra l'une des signatures de la légende.
Fiche technique : Lancia Stratos HF Stradale
| Moteur | V6 Ferrari Dino, 2 418 cm³, en position centrale arrière |
| Puissance | 190 ch (version de route) |
| Transmission | Propulsion, boîte manuelle à 5 rapports |
| Longueur / largeur / hauteur | 3,71 m / 1,75 m / 1,11 m |
| Empattement | 2,18 m |
| Poids | Environ 980 kg |
| Vitesse maximale | Environ 230 km/h |
| Design | Marcello Gandini (Bertone) |
Le défi de l'homologation
Pour courir en Groupe 4, la catégorie reine des rallyes de l'époque, le règlement impose de produire plusieurs centaines d'exemplaires destinés à la route. Lancia lance donc la fabrication de la Stratos Stradale, dont les caisses sont assemblées chez Bertone. La voiture est homologuée le 1er octobre 1974.
Le paradoxe est savoureux : cette voiture de route, bruyante, spartiate et difficile à conduire, se vend mal. Certains exemplaires resteront des années dans les concessions avant de trouver preneur. Aujourd'hui, ce sont pourtant ces mêmes Stratos que les collectionneurs du monde entier s'arrachent !!!
La reine des rallyes
En course, en revanche, la Stratos fait des ravages. Elle remporte sa première manche du championnat du monde au Rallye Sanremo 1974, et offre à Lancia le titre mondial des constructeurs trois années de suite, en 1974, 1975 et 1976. Aux couleurs de Marlboro, puis dans la célèbre livrée Alitalia blanc, vert et rouge, elle devient l'image même du rallye.
Son pilote fétiche, l'Italien Sandro Munari, surnommé « Il Drago », signe un triplé historique au Rallye Monte-Carlo en 1975, 1976 et 1977. Le Suédois Björn Waldegård s'illustre lui aussi à son volant. Et les Français ne sont pas en reste : Bernard Darniche remporte le Monte-Carlo 1979 avec l'équipe privée Chardonnet, puis offre à la Stratos sa dernière victoire en championnat du monde au Tour de Corse 1981, sept ans après son homologation. Un rallye insulaire, aux routes sinueuses et étroites, qui n'est pas sans rappeler les nôtres !!!
Sacrifiée par Fiat
Pourquoi une carrière d'usine si courte ? La réponse est commerciale. Fiat préfère mettre en avant en rallye un modèle vendu en grande série, la Fiat 131 Abarth, qui prend le relais à partir de 1977. L'engagement officiel de la Stratos s'arrête, mais les équipes privées continuent de la faire gagner pendant plusieurs saisons encore, preuve de l'avance technique de sa conception.
Les grandes dates de la Stratos
| 1970 | Présentation du concept Stratos Zero au Salon de Turin |
| 1971 | Présentation de la Stratos HF au Salon de Turin |
| 1974 | Homologation en Groupe 4 et premier titre mondial des constructeurs |
| 1975 | Deuxième titre mondial et premier Monte-Carlo de la Stratos, avec Sandro Munari |
| 1976 | Troisième titre mondial consécutif |
| 1977 | Troisième Monte-Carlo consécutif pour la Stratos et Sandro Munari |
| 1979 | Victoire de Bernard Darniche au Monte-Carlo avec l'équipe Chardonnet |
| 1981 | Dernière victoire en championnat du monde au Tour de Corse |
Une légende toujours vivante
Un demi-siècle plus tard, la Stratos n'a rien perdu de son aura. Elle a ouvert la voie aux voitures conçues spécifiquement pour la compétition, dont les monstres du Groupe B des années 1980. En 2010, un passionné allemand, Michael Stoschek, a même fait renaître une New Stratos dessinée par Pininfarina sur la base d'une Ferrari F430, avant qu'une petite série ne voie le jour quelques années plus tard.
Et alors que Lancia vit aujourd'hui une véritable renaissance, avec le retour de son label sportif HF, le souvenir de la Stratos plane plus que jamais sur la marque.
L'avis de GTMAG.fr
La Stratos, c'est bien plus qu'une voiture de rallye victorieuse. C'est l'audace d'un carrossier qui passe sous une barrière pour décrocher un contrat, l'obstination d'un directeur sportif qui veut une arme absolue, et un cœur de Ferrari dans une carrosserie de vaisseau spatial. Peu de voitures peuvent se vanter d'avoir autant marqué leur époque !!!
Et vous, avez-vous déjà croisé une Stratos, ou l'une de ses nombreuses répliques, sur les routes de nos îles ? Écrivez-nous, GTMAG.fr veut connaître vos histoires !!!
Jean-Marc Wollscheid pour GTMAG.fr
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